Le Pic d'Oliferne et son château

Un lieu légendaire et mystérieux, l'Esprit des trois filles...


Vendredi de week-end Pascal, je m'étais fixé une journée tranquille,
les conditions météo étant très acceptables, je ne tenais plus en place à midi.
Guide ouvert, envie de points hauts et légendes, je m'arrêtais à la page 52,
du guide "Ballades nature dans le Jura" et décidais de partir à la découverte des lieux.


Je pars à 12h40 , en direction de St-Claude, Chassal, Molinges, Lavancia, Dortan, Chancia...

Cliquez sur les photos pour les agrandir!

Ambiance en direction d'Orcières à 12h40
A 13h37, je me trouve sur la Bienne à Chancia, je n'ai pas l'habitude de la voir si large
Les conditions sont superbes, la Bienne très calme, prête à se jetter dans l'Ain
Je passe le pont de l'Ain à 13h41, vers Molars de Netru, au Sud du barrage de Vouglans

Arrivé à Boutavent, je prends le départ jaune à 14h01, toujours tout droit
Le parcours monte constament, atteindre le sommet, tourner à gauche, vue arrière
A 14h17, je suis au bord de la crête du Molard de Justice, vue sur l'Ouest
Je me régale déjà avec le point de vue à l'Est à 14h18

Je suis le sentier qui passe dans les rameaux, le parfum est fort
La Dôle, la Faucille et les sommets des Monts Jura sont en vue à 14h21
Vue en direction de Boutavant, défrichage en cours plus bas
Vue en direction du Sud

Les Monts Jura sont encore plus visibles à 14h22
Vue en direction du Sud, 14h25
Le sentier est parfois dangereux, passant au bord du précipice, 14h28
Le sentier continue au bord d'un bois de Buis, très présent en ces lieux, 14h29

Cela nous conduit vers un camping beaucoup plus bas, 14h40
La vallée de la Valouse et le village d'Anchay s'offrent à vous, 14h44
Plus bas , il faut tourner à gauche, toujours le balisage jaune, 14h45
Et suivre un large chemin carrossable sur 150 m

Le quitter et prendre le petit chemin à gauche, 14h49
Impossible de se tromper, les balisages sont nombreux
Une fois un col atteint, tourner à droite, indication cassée, 14h56
Le Pic d'Oliferne est devant vous, 14h58

Explications, indications, tout y est, c'est très bien fait
Monter à gauche du Pic
Une tour se trouve à votre droite en haut
On se trouve alors dans l'ancienne enceinte du château

Explications
Le mur est impressionnant
Jugez plutôt sur ce cliché, 15h03
Un mur encore debout du château vous domine, 15h04

Une petite montée s'impose pour le rejoindre
Les ruines d'un donjon se présentent immédiatement
Vue sur les ruines du donjon, 15h06
Les explications sont nombreuses et détaillées

Vue sur le lac du Coiselet, au Nord Est
Légendes et histoire s'offrent à vous
Les Esprits des 3 filles planent sur vos têtes
Un peu d'architecture à 15h09

Correspondance en réel
L'ambiance est forte
La vue y est magnifique et infinie
Sécurisé au top et pourtant détruit

Autre vue à l'Est, le Crêt de la neige, 15h11
Oui, c'est bien le sommet du Mt Blanc, la Bresse de l'autre côté à l'Ouest
Vue depuis l'intérieur du château et ses vestiges
Au sud, l'Ain serpente, souffle coupé

Vue sur le mur d'enceinte depuis le château, 15h16
Explications...
Curiosité à ne pas manquer
Vue réelle de la curiosité, 15h20

Surveillance des arrivées depuis ce point de vue
C'est la fin du chemin du patrimoine, 15h21
Je choisis le retour par une variante de 3.8 km, 15h32
Descente dans les bois, 15h37

Le lac de Coiselet, 15h55
Je ne m'en lasse pas, l'Ain superbe
En suivant le large chemin carrossable, on gagne de l'altitude, 16h09
Autre vue sur le lac de Coiselet

Autre vue...
Après cette séance d'émerveillement, on retrouve Boutavant
Village bien tranquille où il fait bon vivre !

Je l'ai réalisée en courant de temps en temps dans les endroits sûrs, la prudence étant recommandée.
C'est une sortie fabuleuse qui se termine en 2h23, prévue entre 3h et 4h pour 11 km sur les guides.
Parfois tout au bord du précipice, je ne pense pas que des enfants y trouvent vraiment leur place.
De bonnes chaussures, éviter de faire ce parcours par temps de pluie, parfois très glissant.
Le lynx est très courant dans cette région mais aussi très discret, la Buse variable aussi.
Le buis et le chêne rouvre, les genévriers et les pins sylvestres prédominent les lieux.
Les tiques sont également très nombeux, le buis étant leur milieu privilégié.
En été, la grande gentiane, les Orchis, Ophris et autres fleurs superbes.

Des fragments d'un calendrier Gaulois ont été retrouvés sur le site.
Le Pic domine le village de Condes qui signifie "confluent" en Gaulois.
Les colonies Romaines établirent ici une tour d'observation afin de contrôler la navigation sur la Bienne et l'Ain.


Construit vers 1230 par Jean de Chalon , pour défendre le site stratégique du confluent de l'Ain et la Bienne
et la frontière de la Franche-Comté, le château était perché à 807 m d'altitude, 500 m au dessus de la vallée de l'ain.
Le château mesurait 17 m de long par 10 m de large.
Ses pentes étaient inaccessibles aux machines de guerre.
Le mont domine également les vallées de la Bienne et la Valouse mais aussi le Lyonnais,
la Savoie, le Bugey, la Suisse, la Bresse, la Bourgogne.

Au XIV(14) ème siècle, le village qui s'abritait au pied de la forteresse comptait 200 habitants.
Le mur d'enceinte long de 300 m, d'1 m d'épaisseur, certainement 4 m de hauteur, devait être les limites du village.

Alors qu'il était jugé imprenable, il fut conquit en 1361 par Thiébaud de Chauffour, un brigant cruel et sans pitié.

Ces faits donnèrent naissance à des légendes aussi mystérieuses que diverses.
En voici une :

Il semblerait qu'après avoir pendu son ennemi le baron d’Oliferne au sommet du donjon,
il réserva un atroce supplice à ses 3 trois filles.
André Besson, dans "Mon pays Comtois", raconte : « Ayant garni l’intérieur d’un gros tonneau de pointes de fer aiguës,
il y fit entrer nues les trois amazones. Puis du haut de la montagne, la barrique fut précipitée dans l’abîme.
Avec une joie féroce, Thiébaud de Chauffour vit dévaler le tonneau d’où s’échappaient des cris horribles.
Il le regarda rouler le long de la pente, s’arrêter un instant, tourner, virevolter puis rebondir de rocher en rocher
en laissant derrière lui une trace rougeâtre. Enfin, la course tragique prit fin dans la rivière
où le tonneau s’engloutit après un ultime gargouillis sanglant ».

Une légende dit que les spectres des jeunes filles sont sorties du tonneau et se sont déposés à jamais sur 3 rochers.
Ce sont les aiguilles des 3 Dames, elles s'en détachent chaque nuit pour se rendre sur leur ancien séjour,
prennent des bains dans l'Ain au milieu de la brume nocturne et retournent dans leur rocher au lever du Jour.


Une autre dit que les villageois voisins baptisèrent trois proches rochers de la rive gauche de l'Ain
"les 3 Damettes" , pour immortaliser l'Esprit des filles.

Il semblerait également que bien d'autres Esprits hantent le secteur du château, des chuchotements,
des bruits de cors de chasse et les aboiements de la meute du Seigneur d'Oliferne ont souvent éffrayé de nombreux chasseurs,
la vallée serait encore pleine d'enchantements.

Partiellement détruite en 1479. C'est en 1592 qu'elle fût de nouveau détruite et les habitants tous tués
par les troupes de Henri IV(4), Roi de France, lors de la conquête de la Franche-Comté.
La forteresse fut en partie reconstituée, avant d'être rasée en 1637.

Charles Nodier dans "Voyages pittoresques et Romantiques dans l'ancienne France", témoignait en 1825,
que l'Ours des montagnes était encore bien présent vers le château, protégé par les peurs dues aux légendes.

Ce site figurait encore comme port, sur les cartes de France au début du siècle.
De grands radeaux en partaient pour descendre l'Ain puis le Rhône.


Depuis 1997, elle est en cours de restauration par l'association pour le développement de la Petite Montagne,
l'ADAPEMONT

Les forces pleines de bonne volontés sont les bienvenues.

Je reste à votre lecture par mail pour toute information complémentaire.

Réalisé par Jean-Michel Hugues Dit-Ciles - Longchaumois - Jura